8 avr. 2009

Instants de grâce...

Auteur d’une vingtaine de livres traduits en français, la japonaise Yoko Ogawa est parvenue à bâtir une œuvre riche et étonnante, parfois dérangeante. Elle nous revient en ce début d’année avec un recueil de sept nouvelles insolites et lumineuses, écrites entre 2001 et 2006. L’occasion pour elle de renouer avec ses thèmes de prédilection dont le goût du classement, le souvenir et l’onirisme. La nouvelliste parsème ses textes d’images douces-amères. L’accent n’est pas comme dans La grossesse ou Hôtel iris à la cruauté ou à la menace mais au contraire à la douceur et à l’exploration de la mémoire. Au-delà de la belle proximité qu’elle instaure entre les générations, Yoko Ogawa nous prend par la main et nous guide parmi ses univers décalés et enchanteurs où évoluent des personnages sensibles et attachants. Très belle nouvelle, La guide clôt avec majesté et tendresse le recueil. Elle raconte la rencontre, lors d’une visite guidée de la région, d’un jeune garçon, fils de la guide, et d’un très vieil homme, ancien poète qui s’est converti dans la vente : il tient une échoppe appelée « titrerie ». Mon travail, c’est de mettre un titre sur les souvenirs que m’apportent les clients. Conteuse de talent, Yoko Ogawa nous plonge dans des destinées humaines étonnantes, et surprend par sa grâce et sa poésie.
La mer, Yoko Ogawa, nouvelles traduites par Rose-Marie Makino, Actes Sud, 149 p.
(Article paru dans le Vif/L'Express du 27 mars)

Fascinant Mexique


Après son Dictionnaire amoureux de l’Inde (2001), Jean-Claude Carrière nous propose une subtile et chatoyante balade au pays des cités mayas, de la civilisation aztèque, des villes coloniales et des tortillas : le Mexique ! Il nous convie à un tour d’horizon riche et foisonnant passant en revue les trois grandes époques du pays : précolombienne, espagnole et contemporaine. Avec intelligence et humilité, l’auteur dévoile la complexité mexicaine, relevant les contradictions et les énigmes qui jalonnent son histoire. En plus de la considérer dans sa globalité, l’auteur s’intéresse de près aux individus qui l’ont écrite: Cortès, Bartolomeo de Las Casas, Miguel Hidalgo, Porfirio Diaz, Zapata, Frida Kahlo, Octavio Paz pour ne citer que les plus importants. Très beau panorama réaliste et vivant d’un pays masqué : tout à la fois violent et enjôleur.

Dictionnaire amoureux du Mexique, Jean-Claude Carrière, Plon, 507 p.
(Article paru dans le Vif/L'Express du 27 mars)

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