6 mai 2010

Une reine de beauté

Hortense Dufour nous a habitués à d’attachantes biographies (sur la Comtesse de Ségur ou sur Marie-Antoinette). Elle nous plonge cette fois au cœur de la Renaissance, au milieu des sanglants conflits qui décimèrent catholiques et protestants, en s’attachant plus particulièrement à la figure de Marguerite de Valois, la fameuse reine Margot. À l’âge de 19 ans, après une tumultueuse passion pour le Duc Henri de Guise, Marguerite – princesse catholique - est mariée par sa mère Catherine de Médicis à un prince protestant, Henri de Navarre, le futur Henri IV.
Sous la plume flamboyante d’Hortense Dufour, c’est toute la France religieuse qui défile sous nos yeux éblouis (et terrifiés par une époque aussi meurtrière). Ce sont également les Valois que nous regardons évoluer, cette famille de dégénérés : Charles IX roi falot, violent et déséquilibré qui fut l’un des responsables de la Saint-Barthélemy, Henri II incestueux et manipulateur, Hercule-François duc d’Alençon et d’Anjou, bossu et rachitique. Seule de cette famille de tarés émerge une reine de beauté, intelligente, solide et aimante, Marguerite.
S’il ne fallait retenir qu’une des cent qualités du livre d’Hortense Dufour, ce serait sans doute le spectre d’années très large qu’il recouvre : contrairement au film de Patrice Chéreau La Reine Margot (avec Isabelle Adjani, Daniel Auteuil et Jean-Hugues Anglade) qui se focalisait sur quelques jours de la vie de Marguerite, le livre parcourt une existence entière : de l’enfance à la mort. Dans cette vie, la mère, Catherine de Médicis, a une place prépondérante. Dufour nous donne donc à lire les destinées passionnantes de deux femmes très différentes, la mère et la fille... deux biographies en une…

Margot, la reine rebelle, les épreuves et les jours, Hortense Dufour, Flammarion, 568 pages

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